Critique: March comes in like a lion (3-gatsu no lion)

Rei de March comes in like a lion anime-critique.fr

Un génie dépressif sous l’emprise d’une manipulatrice

« Zero ? (Rei) Quel prénom étrange. Mais ça te va bien. Après tout … Tu n’as ni maison ni famille, tu ne vas pas à l’école. Tu n’as pas d’amis. Regardes les choses en face, tu n’as pas ta place en ce monde … » Et bam, le décor est planté, le tout encadré d’eau sur laquelle souffle une tempête en finissant par une image nous faisant penser à quelqu’un qui se noie. C’est fou comme en si peu de temps on réussit à nous résumer tout l’anime. Je vais vous expliquer ça en détail plus loin dans l’article. March comes in like a lion ou sangatsu no lion (3-gatsu no lion) est à la base un manga écrit par Chica Umino, le manga a d’ailleurs remporté plusieurs prix. Pour ceux qui aiment la version papier, il semblerait que l’anime est très fidèle à cette dernière pour le plus grand plaisir des fans.

Commençons par présenter les personnages, ensuite je vais faire une analyse plus approfondie de l’histoire et vous donner mon avis sur March comes in like a lion.

Les personnages:

Kiriyama Rei:

Âgé de 17 ans, il est le 5eme joueur de shogi de l’histoire à être devenu pro alors qu’il n’était qu’au collège. Dépressif depuis la mort de ses parents et de sa petite sœur, il a choisi la voie du shogi afin de ne pas se retrouver dans un orphelinat. Un ami de son père l’a prit sous son aile. Rei est très intelligent, il possède une grande empathie et est très gentil. Il a toujours eu du mal à se faire des amis car il se sent en décalage avec ceux de son âge.

Rei est extrêmement dur avec lui même, mal dans sa peau, il se compare à un meurtrier lorsqu’il gagne contre son père adoptif lors d’un match de shogi. Il se compare également au coucou quand il explique comment son don pour le shogi a réussi à dégouter du shogi son frère adoptif et écarter par la même occasion sa sœur adoptive Kyoko.

Il préfère souffrir à la place des autres. Rei essaye également d’être le moins en contact possible avec eux, la dépression en est évidemment en partie responsable. Il est paumé, ne sait pas ce qu’il veut vraiment, prétend ne pas aimer le shogi. Au fil de l’histoire, il va se remettre en question, se rendre compte de ses erreurs et évoluer. D’un tempérament très calme, on va parfois le voir se lâcher, créant ainsi des scènes très fortes en émotions.

Rei est sous l’emprise de sa belle sœur, belle et manipulatrice, elle lui en fait voir de toutes les couleurs mais ne peut lui en vouloir car il pense que tout est de sa faute.

Koda Kyoko:

Souvent comparée à une tempête par Kiriyama, elle a un fort caractère et prend un malin plaisir à faire souffrir notre héro. Elle a l’art de savoir où ça fait mal, remuant ainsi de temps en temps le couteau dans la plaie de notre cher Rei. Il est compliqué de savoir quoi penser d’elle, en effet, c’est un vrai poison pour notre héro mais ce dernier est en partie responsable de son mal être. Car oui, Kyoko souffre.

Son père, maitre de shogi n’avait d’yeux que pour ce génie qu’est Rei, ce qui ne doit vraiment pas être agréable à vivre. D’autant plus que vivre avec un surdoué est parfois très pénible pour son entourage. Je m’explique: Quand quelqu’un est très fort dans un domaine, ça peut être très décourageant pour les autres qui s’y donnent à fond sans parvenir à la hauteur du surdoué. Bien sûr ça dépend des personnalités, pour d’autres ça pourrait être un moteur pour redoubler d’effort.

Tout aussi paumée que Rei, Kyoko a quitté son domicile familiale pour trainer avec un certains Goto, homme marié dans la quarantaine … Elle a 21 ans, hum … D’ailleurs Rei perd complètement ses moyens en face de ce dernier qui est également un très bon joueur de shogi.

Kawamoto Akari:

Grande sœur du trio de sœurs qui accueille de temps en temps Rei chez lui. Souvent comparée à une mère car elle tient ce rôle au sein de famille, sa propre mère étant décédée et son père inconnu au bataillon. Très gentille et attentionnée, elle a trouvé Rei, un soir, complètement bourré, elle l’a ramené chez elle pour s’en occuper. Depuis cet évènement, sa sœur Hinata et elle même « forcent » notre héro à venir manger chez elles. Bien sûr, Akari étant très mature, elle sait quand il vaut mieux le laisser seul, contrairement à Hinata.

Kawamoto Hinata:

Elle est une collégienne pleine d’énergie, elle se fait beaucoup de soucis pour Kiriyama, elle ne comprend pas toujours qu’il faut le laisser un peu seul. Un peu immature et naïve, elle rend certaines scènes très marrantes, mignonnes ou attendrissantes.

Kawamoto Momo:

Une adulte, une ado, fallait bien une troisième période pour combler ce trio de sœurs. Momo est en maternelle, elle apporte une touche mignonne et insouciante à l’histoire.

Harunobu Nikaido:

Auto-proclamé ami de Rei, de par son comportement et sa passion pour le shogi, il permet à notre héro de se remettre en question. Malgré sa maladie Nikaido est quelqu’un qui est motivé et déterminé, il veut battre Rei en match de shogi officiel.

Goto:

Homme qui en met mal à l’aise plus d’un, amant de Kyoko, dans la quarantaine, il est marié mais sa femme est malade et est à l’hôpital.

Mr Koda:

Ami du défunt père de Rei. Il va adopter ce dernier et le pousser vers le haut dans le monde du shogi. Mr Koda est le seul ami qu’avait Rei quand il était petit.

Il y a bien sûr d’autres personnages, mais je vous ai présenté les plus importants, enchainons maintenant avec une analyse de l’œuvre.

Analyse, thématiques de l’œuvre:

L’eau:

Une chose vraiment frappante dans March comes in like a lion, c’est la présence de l’eau. En effet, au sens propre comme au figuré l’eau est partout. L’eau symbolise parfois la noyade, cette impression d’étouffer que ressent Rei. Mais aussi la mer qu’il doit parcourir à la nage pour atteindre son but, allant d’île en île. Rei dit également qu’il aime l’eau, vivre au bord d’une rivière, ça lui permet de faire le vide dans son esprit, ça le calme.

D’ailleurs une rivière sépare son appartement de la maison de Kawamoto, ça peut paraitre anodin, mais ça a en réalité beaucoup de sens. Vous comprendrez quand je vous parlerai des couleurs.

La tempête:

Relative à l’eau, elle symbolise Kyoko, en effet, elle a tout d’une tempête, ce qui en quelque sorte fascine Rei, surtout quand il a compare à un éclair. Le vent est également très présent, que ce soit du vent qui souffle sur l’eau ou dans les cheveux de notre héro, il n’est jamais là part hasard et symbolise toujours quelque chose, comme un changement par exemple.

Les couleurs:

La rivière sépare deux mondes, celui de Kiriyama et celui des Kawamotos, le premier est sombre, triste et gris, l’autre est débordant de couleurs chaleureuses. Un pont les sépare et pourtant la différence est énorme. Ce contraste se ressent également quand on regarde l’histoire, passant de moments tristes à joyeux. Même si le côté dépressif de Rei reprend souvent le dessus même quand il est chez les sœurs Kawamoto. Ce changement de couleurs entre les moments tristes et joyeux, je trouve ça vraiment très subtile et bien utilisé.

La dépression:

Rei est entouré d’amis formidables et pourtant il a du mal à se rendre compte de cette chance. Suite au décès de ses parents et de sa sœur il a enfuit en lui sa souffrance plutôt que de la combattre. Résultat, malgré le temps qui est passé, il en souffre encore énormément. Il est perdu, ne sait pas ce qu’il veut, son appartement est vide sans meubles avec ses cartons d’emménagement qui sont toujours là. Rei va même jusqu’à dire qu’il n’est pas capable de déprimer correctement …

La manipulation:

Avec Kyoko j’hésite à utilise le mot perverse narcissique, c’est peut être ça le pire en fait. Un pervers narcissique, c’est une personne qui prend un malin plaisir à détruire les autres, c’est limite vital pour lui. Comment s’y prend-t-il ? Il culpabilise sa victime, la critique, frappe où ça fait mal mais il peut aussi être attentionné, bah oui, faut bien qu’on s’y attache. C’est bien sûr plus complexe que ça, cependant Kyoko possède vraiment les caractéristiques d’un PN et ce genre de personne est en principe irrécupérable.

Elle est d’ailleurs souvent décrite comme manipulatrice et est comparée à du poison. Bref, Kyoko est vraiment nocive pour Rei.

Rei lui donne raison

La narration:

Nous sommes très souvent dans la tête du héro, on entend ses pensées à la Fight Club, Taxi Driver ou Mr Robot. Ce qui me plait énormément !

L’histoire:

Revenons à notre citation du début: « Zero ? (Rei) Quel prénom étrange. Mais ça te va bien. Après tout … Tu n’as ni maison ni famille, tu ne vas pas à l’école. Tu n’as pas d’amis. Regardes les choses en face, tu n’as pas ta place en ce monde … » Avant ce monologue de Kyoko, outre le générique, on voit et entend une tempête se lever. Tempête = Kyoko. Ensuite, on voit de l’eau avec des bulles comme si quelqu’un se noyait, c’est évidement de Rei qu’il est question.

Cette citation résume tout, Rei est seul, n’a plus de famille, ne va pas à l’école, pas d’amis, il le sait, il en souffre et Kyoko la manipulatrice prend du plaisir à le lui rappeler. Tout au long de l’histoire, elle lui pourrit la vie, personnellement je pense que Rei finira par la repousser totalement (du moins je l’espère).

Quand Rei parle de ses parents morts, il le fait avec une telle froideur, c’en est presque choquant. Lors de leurs funérailles, Mr Koda lui demanda si il aimait le shogi, il lui répondit oui, même si il pensait que c’était un mensonge. Il a fait ça pour être adopté, car dans un orphelinat il n’aurait jamais plus de moment de répit où il pourrait s’isoler dans sa chambre. Ayant moi même besoin de mes moments de solitude, je le comprends.

Quand Rei bat Mr Koda lors d’un match de shogi, il se compare à un meurtrier, ça peut paraitre bizarre qu’un gagnant pense comme ça, mais pas tellement en réalité. Notre héro ne peut pas s’empêcher de se mettre à la place des autres, il les comprend et sait ce qu’ils ressentent. Même si gagner pour la plupart des gens provoque une sensation agréable, cette dernière est entachée par l’empathie de Rei. C’est encore une fois, une chose que je comprends, l’ayant déjà expérimentée dans des jeux de stratégies en ligne. Des jeux où j’anéantissais les nombreux mois de jeu de joueurs au néant en conquérant tous leurs villages. Impossible pour ma part de ne pas le faire malgré cette sensation désagréable.

C’est pareil pour Rei, il ne sait pas pourquoi il veut gagner, mais il ne veut pas perdre. Car il se donne à fond dans le shogi, que c’est son moyen de survie, qu’il n’a que ça dans sa vie. Il en veut aux autres de ne pas s’y donner à fond, de lui en vouloir parce qu’ils sont plus faibles que lui, etc. Kyoko ne fait qu’empirer le problème, en lui disant que par exemple si il gagne contre tel joueur, ce dernier arrêtera le shogi ou ne fêtera pas noël avec sa fille, etc.

Rei finit par craquer pour la 1ere fois à l’épisode 10, ce qui nous laisse devant une scène forte en émotion (attention, regardez uniquement le spoiler si vous le craignez pas le spoil ou si vous l’avez déjà vu).

Images scène épisode 10

Rei se compare également à un coucou, le fameux oiseau meurtrier qui tue la progéniture du nid qu’il parasite.

Heureusement, Rei n’est pas seul, les Kawamotos et Nikaido apportent de la chaleur dans sa vie, sans eux je n’ose pas imaginer ce qu’elle serait …

Graphismes et musiques:

Les graphismes sont très plaisants à regarder, il y a juste la bouche des personnages qui me perturbe un peu mais bon … Il y a beaucoup de scènes avec un plan personnage, c’est peut être un détail, mais je trouve que ça donne une certaine atmosphère indescriptible à l’anime (voir le spoiler).

Spoiler

Pour les musiques, elles collent bien à l’ambiance de l’anime. Le premier opening et ending sont d’ailleurs fait par le groupe Bump of Chicken qui a fait l’opening de Kekkai Sensen. On a même droit à une musique en français lors du 1er épisode.

Conclusion:

March comes in like a lion ou Sangatsu no lion me rappelle l’anime Shigatsu wa kimi no uso, il y a certains points communs (dont le nom qui est fort similaire). Mais ce qui est sûr, c’est que ce sont tous les deux des œuvres magnifiques. Cet anime est de loin mon préféré de la saison automne 2016. L’ambiance, le contraste entre les moments mélancoliques et joyeux, les personnages, j’aime tout. Pour le moment, on en est au 17eme épisode, je suis impatient de voir la suite et je ressentirai probablement un manque quand l’anime sera fini …

Je compte d’ailleurs me mettre à regarder Hachimitsu to clover qui est un anime du même auteur, j’espère qu’il est aussi bon que 3-gatsu no lion. N’hésitez pas à partager ce que vous pensez de cet anime, j’y répondrai avec plaisir. Je vous laisse avec le magnifique opening réalisé par Bump of Chicken avec quelques images en plus.

Images supplémentaires

 

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